A propos sylviechermetcarroy

Graphologue depuis plus de 25 ans dans le conseil en recrutement, la réalisation de bilans de personnalité, l'aide à l'orientation professionnelle. La graphologie est mon outil privilégié pour les écritures d'adultes. Ses bases sont utilisées pour l'interprétation des dessins d'enfants, permettant d'apporter une aide indispensable aux parents qui souhaitent aider leur enfant à s'épanouir. Auteur, conférencière, sollicitée par France 2, France 3, Direct 8, RFI, Europe 1. Membre agréé de la Fédération Nationale des Consultants Graphologues

Record Mondial pour Van Gogh

Hors compétition , Van Gogh récolte tous les suffrages, lui qui n’a pratiquement jamais vendu ses toiles. Celles-ci inaugurent aujourd’hui des endroits prestigieux, le Louvre Abou Dhabi avec l’impact international que cela représente. Un autoportrait de l’artiste y figure, prêté par le Musée d’Orsay.

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Les tableaux de Van Gogh  font exploser les enchères: du « jamais vu » pour une toile de jeunesse vendue récemment 7 millions d’Euros! Les « Raccommodeuses de filets » alors qu’il ne peignait que depuis deux ans.

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Raccommodeuses de filets

Ces tableaux inspirent le Land Art avec Stan Herd qui a reproduit une toile de Van Gogh sur … devinez un peu:  5000 m2 de terrain! Vrai de vrai, ce n’est pas un gag. Il a quand même fallu 6 ans à l’artiste Stan HERD (pas tout jeune, 67 ans) pour défricher, désherber et planter afin reproduire le tableau en plein champ. Cette création a été sponsorisée par le Minneapolis Institute of Art. Du coup, Van Gogh est vu du ciel.

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Le tableau en plein champ  de 5000 m²

 

Analyse de l’écriture de Van Gogh

Personnalité au destin étonnant, Van Gogh avec toute sa sensibilité exprimait ses émotions dans de longues lettres adressées à son frère. Penchons-nous sur son écriture.

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Extrait de : » Interpréter les lettres et les chiffres dans l’écriture » Éditions EXERGUE

Facile et difficile à lire, au rythme parfois régulier, parfois désordonné. Certains mots sont très appuyés, d’autres à peine visibles ou minuscules. Ceci est à l’image du moi, qui cherche à s’affirmer et qui se confond dans une perte d’identité.

 Certaines finales de mots sont fortes et traduisent la brusquerie (à la fin des trois premières lignes par exemple avec les prolongements des lettres « n », « e » ligne 2, « au » ligne 3). Les émotions sortent brutalement, soumises à l’impulsivité. Puis cela peut être tout l’inverse avec des formes entrecoupées, des lettres brisées sans continuité (lignes 9 et 10) ce qui signifie l’arrêt, l’inhibition, le doute. Ces changements brusques sont à l’image des réactions exacerbées et instables.

La sensorialité est épidermique, visible dans les écrasements de plume (comme dans la lettre « q » ligne 2). Il existe une quête de spiritualité signalée par les « a » et les « o » ouverts vers le haut. Les « b » comme des antennes et très appuyés (dans « bien » et « bas » ligne 6 et 7) évoquent une réceptivité au monde spirituel. Cela nous rappelle que Van Gogh a vécu un appel spirituel intense, au point de devenir prédicateur à un moment de sa vie. Les « h » morcelés comme dans « Gachet » ligne 1 ou parfois gonflés traduisent une sociabilité capricieuse où alternent l’orgueil et la négation de lui-même. Ceci est l’écriture d’un être qui se débat dans une angoisse existentielle voire dans une quête d’identité.

Rappelons que tous les dimanches dans son enfance, Vincent Van Gogh devait accompagner son père et méditer devant la tombe de … Vincent Van Gogh, le frère  mort avant sa propre naissance qui portait le même prénom.

Aujourd’hui cette quête, l’énergie puissante, la force vie qui se sont exprimées dans la création de Van Gogh, n’habitent pas uniquement ses toiles mais animent un courant universel et ses œuvres continuent à inspirer le monde.

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue

Cours et consultations

Auteure de :

  • La graphologie, caractère, personnalité, comportement – Guy Trédaniel Éditeur
  • Ce que révèlent vos gribouillis – Éditions Le courrier du livre
  • Interpréter les lettres et les chiffres dans l’écriture – Éditions EXERGUE
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Trump – Kim Jong Un : signatures

L’écriture de chacun est unique et révélatrice d’une personnalité, elle répond à des critères d’apprentissage. Puis très vite, au cours de l’enfance et de l’adolescence, elle se personnalise. Tant mieux pour le graphologue! C’est à travers cette personnalisation qu’il peut déceler tous les registres de la personnalité.

Quant à la signature, celle-ci est encore plus caractéristique car elle est libre. On signe comme on le veut. Un trait, une forme, un dessin! Et voilà donc un condensé du tempérament qui révèle une identité.

Après une interview pour BFMTV, je vous invite à parcourir l’article de cette revue en ligne avec les deux signatures face à face: Donald Trump et Kim Jong Un.

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Bonne lecture.

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue, consultations, cours.

Auteure de : la signature ou l’intimité dévoilée. Guy Trédaniel Editeur.

La punition du robot

Voici la demande étrange que me fit récemment un artiste numérique, Filipe Vilas-Boas. « J’ai une page d’écriture faite par un robot ». Je souhaite qu’on l’analyse. Ah! Surprise, c’est bien la première fois qu’une telle demande aboutit dans mon bureau!

Le bras du robot a écrit dix lignes avec une écriture qui se veut manuscrite, une punition paraît-il « je ne dois pas faire de mal aux humains ».

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punition écrite par le robot

Ce qui frappe immédiatement dans cette écriture, c’est une régularité anormale du graphisme. Les lettres sont reproduites à l’identique par exemple les « h », les « m » dont la première arcade est toujours plus petite y compris son inclinaison. Les lettres semblent décalquées ce qui est infaisable lorsqu’on écrit. Même en s’appliquant on aurait du mal.

Et ce qui est surtout anormal dans cette écriture c’est l’absence de rythme. Celui-ci est propre à l’humain et produit des irrégularités même minimes au sein des mots et à l’intérieur de ceux-ci également. C’est pour cette raison que pour une étude graphologique je demande toujours un texte « libre » et non un texte recopié. Ce dernier oblige à faire des interruptions avec des mouvements qui altèrent la fluidité de l’écriture (qu’est-ce qu’on ne va pas chercher quand on est graphologue!).

Un autre point qui signale que l’écriture est artificielle, c’est l’alignement des mots, l’espace entre les mots dont la régularité gomme l’éventualité d’une respiration ou du moindre mouvement de l’être humain. Or c’est ce rythme intérieur très personnel qui fait qu’une écriture est unique. C’est ce que décèle le graphologue, au-delà des formes d’écritures. Ici, il n’y a pas de souffle, pas d’âme. Il paraît que le robot est gentil quand même.

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue, cours et consultations

Vidéo du robot puni fournie par Filipe Vilas-Boas, artiste numérique.

Google et les hiéroglyphes

Image

Google et l’entreprise Ubisoft ont pour projet de créer un traducteur des hiéroglyphes Egyptiens. Les créateurs sont persuadés de pouvoir automatiser la lecture de ces dessins mystérieux qui gardent une part de leur secret depuis des millénaires. C’est Champollion qui serait content! Lui qui a ouvert ce champ de découverte fabuleuse il y a 200 ans. Super! On va pouvoir lire les pyramides comme on lit le journal! Je pourrai m’exercer place de la Concorde grâce à l’obélisque. Enfin, nous n’en sommes pas vraiment encore là!

Rappelons juste que les hiéroglyphes se comptent par milliers et qu’ils peuvent se lire dans tous les sens (horizontalement, verticalement) et qu’en plus de cela le sens dépend du contexte. Mais l’intelligence artificielle accomplit des prouesses qui  mènent si loin… Ah j’allais oublier: Hiero-glyphe veut dire langue sacrée.

Ceci  est au coeur de la méthode de graphologie que j’utilise créée par M de Surany : la symbolique des lettres basée sur la signification des hiéroglyphes égyptiens avec ces trois plans: concret, psychologique et spirituel. Chaque lettre que nous traçons a pour origine un hiéroglyphe égyptien et révèle un aspect de l’être dans toute sa richesse, du plus concret au plus subtil.

Ainsi ce que l’on considère comme l’alphabet hiéroglyphique (environ une vingtaine de hiéroglyphes qui sont à l’origine de notre alphabet.) comportait une dimension concrète et une dimension spirituelle. Ces hiéroglyphes expriment l’origine du monde et son corollaire au sein de l’être humain. Il y a donc une signification qui concerne le cosmos et l’être humain dans sa façon d’être, sa psychologie, et ses actes.

Parmi toutes les lettres, je choisis volontiers la lettre « e », pas tout à fait au hasard!

E

Le hiéroglyphe égyptien, à l’origine de notre « e » latin, représente un lien, une corde tressée en trois boucles. Cela fait allusion à la conception ternaire de l’homme (le corps, l’âme, l’esprit) avec un courant continuel de descente de l’esprit vers la matière et de remontée vers le plan spirituel. Les chaînons représentent le mouvement incessant de la double circulation de l’énergie. D’un côté l’aspect involutif met en contact avec le domaine des sensations et des impressions, de l’autre, le courant évolutif opère une transformation de l’émotion au contact de la raison ou de l’esprit. Cette lettre représente l’âme et la vie. Le tracé de la lettre « e » nous renseigne sur le vécu émotionnel, les états d’âme, l’espoir que l’on met dans la vie.

Je vous propose de découvrir cet élan dans la signature d’Eugène Ionesco puis dans la celle du photographe J.H Lartigue.

Ionesco

On remarque dans la signature du dramaturge, l’ampleur de l’accent sur le « e » de Eugène, qui sert à tracer le « i » de Ionesco. Le « e » c’est l’âme, la vie. Le « i » c’est la création et l’affirmation de soi. La traduction directe de cette particularité: l’auteur est animé d’un souffle vital « e » qui alimente sa création « i ». Etre et créer, voilà bien ce qui a préoccupé l’écrivain. Malgré les thèmes défaitistes, la présence de l’absurde, l’ironie du néant, l’écriture d’Eugène Ionesco avec des « e » bien déliés montre son attachement à la vie. Cependant, le mouvement tombant de « le » à la troisième ligne ou celui de « bavardage » qui sombre sous le point final, sont le reflet d’une lutte intérieure entre le désespoir et la joie de vivre.

Lartigue

Écriture de Jacques Henri  LARTIGUE 

L’ardeur et la clarté animent le graphisme du photographe J.H Lartigue. Cette signature a été tracée à un âge avancé de son existence. Le mouvement ascendant montre l’espoir et l’enthousiasme, confirmés par la lettre « e » qui représente l’âme, la vie, qui lui sert à tracer justement… un soleil! Cette signature nous dit que la lumière est ici rayonnement personnel et un certain regard sur la vie. Elle émane de l’âme et montre une lumière qui irradie de l’intérieur (par la lettre « e ») et qui se transpose dans la relation aux autres (le soleil à droite). Cela n’exclut pas une haute opinion de soi, car ce graphisme attire l’œil et se singularise par un symbole sans égal.

Les hiéroglyphes égyptiens décidément, nous emmènent fort loin! Pour changer d’ambiance, je vous invite à parcourir mon article « la mort, un accouchement à l’envers » (février 2014) dans lequel vous découvrirez le symbolisme de la lettre « m » et son interprétation dans l’écriture de Saint-Exupéry et Eric Satie.

Mais direz-vous, comment se fait-il qu’au siècle d’aujourd’hui ces symboles nous habitent avec autant de puissance? Je vous poserais bien une autre question: comment se fait-il que dans la thérapie de rêve éveillé, à un moment donné le patient décrive dans le moindre détail et avec toute sa signification …. certains hiéroglyphes égyptiens, alors qu’il n’a jamais mis les pieds en Egypte, qu’il n’y connaît rien et qu’il n’est pas historien non plus? Les pistes de recherche sont multiples et dépassent le cadre de ce billet. On peut chercher du côté de l’inconscient collectif avec les travaux de CG Jung mais pas seulement, d’autant plus que l’accès aux grands symboles dépasse clairement le conditionnement culturel d’une personne, d’un pays et ouvre le passage d’une civilisation à une autre.

 

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue, cours et consultations.

Auteur de :

  • « Interpréter les chiffres et les lettres dans l’écriture » Editions Exergue
  • « La signature ou l’intimité dévoilée » Edition Guy Tredaniel
  • « La graphologie, caractère, personnalité » Edition Guy Tredaniel.
  • « Ce que révèlent vos gribouillis » Edition « Le courrier du Livre »

A lire: « les pharaons survivent en nous » Georges Romey

Nadja est entrée à la Bibliothèque Nationale avec Breton.

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André Breton est né en 1896 dans une famille modeste. Etudiant en médecine il fut mobilisé lors de la première guerre mondiale, en 1916 et affecté en tant qu’infirmier dans un service neurologique. Là, il découvre les pathologies mentales. Fasciné par ce domaine, il refuse d’y voir un simple dérangement de l’esprit mais au contraire, il y décèle un puits de créativité.

Considéré comme le chef de file du surréalisme, André Breton se lie avec Aragon, Soupault, Desnos, Apollinaire. Le « manifeste du surréalisme » est publié en 1924. André Breton participe au mouvement Dada. Fasciné par les mécanismes de la pensée, il explore les états hypnotiques. Il découvre « l’écriture automatique » et s’élève contre le conformisme et les préjugés.

Le courant surréaliste a pris une ampleur internationale avec des déclinaisons dans toute forme artistique et peut être aussi considéré comme un mode de vie.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, sous le gouvernement de Vichy, on dénonce André Breton comme « un anarchiste dangereux »! Il est mis en prison préventivement. Libéré, il se réfugie aux USA. De retour à Paris en 1946, André Breton intervient contre le colonialisme français et défend en même temps le droit à « l’objection de conscience ».

Et Nadja dans tout cela? Une femme mystérieuse dont la relation avec André Breton a inspiré le roman du même nom, en partie autobiographique. Il s’agit d’une jeune femme que la misère à conduit à la prostitution. André Breton garde ses écrits, ses dessins, la pousse également dans ses retranchements en analysant sa pensée. Il la considère comme « un génie libre ». Nadja perd la raison et est internée en hôpital  psychiatrique.

« Nadja » une des œuvres majeures du poète et écrivain André Breton se trouve à la Bibliothèque Nationale de Paris.  Le manuscrit complet! Tout un ensemble de feuillets écrits à la main sur des pages de cahier d’écolier.

La ligne rouge est franchie

André BRETON NadjaManuscrit « Nadja »

Ce qui m’a intéressée au premier regard c’est l’écrit d’un théoricien de la pensée, sur des cahiers d’écolier. André Breton ne cherchait rien de formel, dans aucun domaine. Par ailleurs lorsqu’on écrit sur des pages quadrillées (à l’inverse de la page blanche), cela aide inconsciemment à fixer l’attention, voire la mémoire. On a tout de même l’homme adulte et intellectuel, qui se livre dans un cahier qui symbolise l’enfance. Choix volontaire ou accidentel? En tout cas, ce qui est certain, c’est que sur toutes les pages, André Breton a franchi la ligne rouge. En effet, la marge de gauche tracée en rouge est transgressée.

Les couleurs ont un symbolisme. Elles sont liées à l’émotionnel, à l’énergie. Elles révèlent des tendances. Ici, le rouge qui symbolise entre autres l’autorité, nous intéresse particulièrement. Le rouge est souvent associé à l’interdit (au feu rouge on doit s’arrêter). La marge tracée par un trait rouge dans le cahier d’écolier signale à l’élève qu’il ne doit pas écrire dans cette zone de gauche qui est réservée à l’autorité du maître. D’ailleurs les maîtres notent leurs corrections en…rouge.

En franchissant allègrement et systématiquement la ligne rouge, André Breton nous dit « l’autorité,  on la transgresser quand on le décide ».

André Breton  remet en cause le formalisme, les règles établies. Ce tracé inconscient révèle le choix délibéré de « piétiner » l’autorité. En tout cas de ne pas la subir.

Autre point significatif: le contraste entre des mouvements très appuyés, comme de gros tirets épais (page de gauche), la marque d’un geste rageur et autoritaire, et par ailleurs, la délicatesse d’un tracé constant, presque appliqué avec un trait nuancé (dans la plupart des pages). Personnalité double, qui connaît la finesse, la maîtrise de soi et l’inverse, le domaine des pulsions. Celles-ci s’expriment donc par à-coup, au moment où on ne s’y attend pas. Douceur et rébellion, voilà où nous en sommes à ce stade de l’observation! D’ailleurs André Breton, qui prônait la liberté disait : « En matière de révolte, aucun de nous ne doit avoir besoin d’ancêtres. »

Comprendre et se faire comprendre

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Dans le petit mot à Philippe Soupault, on remarque un trait étrange en début de texte. André Breton trace un tiret avant d’écrire « – est-ce que… » Le tiret est une mise à distance, une attaque symbolique. Malgré l’ouverture et la souplesse de l’ensemble du graphisme, il ressort qu’André Breton traduit ici la crainte de ne pas être entendu ou d’être contesté. En même temps, il ne met pas de majuscule à son début de phrase (la majuscule symbolise le conformisme, l’attitude conventionnelle courante). Cela signale qu’il ne veut pas s’embarrasser de conventions. Normal! Le surréalisme est ouvert à toute liberté. Cela nous dit qu’André Breton était en accord, au fond de sa personnalité, avec le mouvement et la philosophie qu’il a prônés.

Autre remarque: les phrases sont nettement plus appuyées vers la droite que dans la partie gauche du texte. Il y a donc  une insistance, une façon d’accroitre son affirmation au fur et à mesure qu’il avance. Les petites formes massuées (épaissies) en fin de mots à droite confirment une façon peut-être parfois un peu brutale de s’affirmer ou de s’imposer.

Plus profondément la forme tracée en chiffre 8 dans le A de la signature dévoile une souffrance problématique liée à la vie affective. La lettre « a » qui est liée à l’élan vital et à l’amour (voir mon livre) est un peu malmené ici et se transforme en jambage (un grand mouvement vers le bas) qui n’a rien à voir avec le tracé d’un A. Le bas, c’est la matière et la sexualité. La vie affective semble scindée entre l’intellect (le haut tracé comme une envolée) et le bas alourdi dans un dessin clos (dans le 8 on tourne en rond à l’infini). On a donc une forte dualité entre l’amour idéalisé et la passion sexuelle. Une clé, peut-être, pour tenter d’éclairer autant que faire ce peut, l’histoire liée à Nadja qui gardera toujours une immense part de beauté et de mystère.

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue, cours et consultations

Auteure de « interpréter les lettres et les chiffres dans l’écriture » Editions Exergue

« La signature ou l’intimité dévoilée »  Trédaniel Editeur

Mon site

Les signatures

Signer est un acte simple aujourd’hui. C’est un geste qui authentifie notre accord. La signature a valeur juridique. C’est un engagement. C’est un acte courant. Pourtant le tracé de notre signature, procède d’un long cheminement au fil de l’histoire.

En France ce n’est qu’au 16ème siècle sous le règne d’Henry II qu’une ordonnance rend la signature obligatoire pour les actes privés. A cette époque, tout le monde ne savait pas écrire. Les illettrés traçaient une croix devant témoins ou pouvaient apposer un sceau ou un dessin parfois corporatif, par exemple un marteau pour un tailleur de pierre, un violon pour le musicien…

Rappelons qu’avant le 16ème siècle, l’identité se faisait par une caractéristique personnelle (lieu, métier, aspect physique) ajoutée au prénom par exemple Jean Sans Peur, Legros, Lefol, Tisserand. Certains noms (en fait des surnoms) désignaient l’étranger comme Lescot (l’écossais) ou Langlois (l’anglais). Parfois ces noms avaient pour origine  des jurons: Depardieu par exemple.

Les surnoms ont donc proliféré et le « nom » tel qu’on le conçoit aujourd’hui n’était pas héréditaire. L’hérédité du surnom remonte au 11ème siècle, et encore! Ce n’était pas systématique.

Quant à la période de la Révolution Française, on pouvait même changer de nom et de prénom comme on le souhaitait! Il était stipulé que « chaque citoyen a la faculté de se nommer comme il lui plaît, en se conformant aux modalités prescrites par la loi ». Cela n’a pas duré longtemps car cela faisait un peu désordre.

Comme quoi signer n’est sûrement pas anodin car c’est un long cheminement qui se situe aux confins de l’histoire et du droit. Lorsqu’on trace une signature, on libère un geste qui vient du plus profond de soi et qui est un engagement social. C’est l’union du personnel et du collectif.

Comment signait-on dans le passé?

Là encore c’est tout un parcours. Les rois Mérovingiens signaient avec des dessins pleins d’arabesques. Au-delà de l’aspect esthétique, les paraphes très étudiés en forme de ruche, comportaient une complexité incroyable, avec des formes cryptées, des rébus, des clefs, des treillis qui en principe devaient décourager les faussaires. Vous pensez bien que signer d’une croix, c’était facile à imiter! Il semble même que certains rois n’écrivant pas se contentaient de tracer un point au milieu du dessin. Signer a été un vrai rituel.

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Signature du roi mérovingien CHILPERIC II (roi de 715 -721)

Aujourd’hui la signature éminemment personnelle est unique. Elle révèle un tempérament, une personnalité. Je sens que je vais vous donner quelques exemples bientôt, dans un prochain billet.

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue. Cours et consultations.

Auteur de « La signature ou l’intimité dévoilée » Guy Trédaniel Editeur

Révisez votre anglais

Yesterday I discovered an article published some time ago! You may learn more (in french) reading my book « Ce que révèlent vos gribouillis ». Have a nice time and have a look at your doodles!

Doodling:

Why do I scribble when on the phone or in a meeting?

Lindsay POUI-DI

marie france ASIA 19 January 2015

 

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Checkerboards, a mini-wall of China, mandalas, clouds, arrows, arabesques, flowerets and other doodles tend to sneakily make their way onto any empty paper we might be holding. During a discussion, a lengthy meeting or a sudden phone call, we illustrate our pads, Post-its or corners of the pages of our austere reports with spontaneous scribbles. Once the conversation or the meeting ends, we hurry to crumple them – discreetly if possible.

Why do we scribble?

Scribbling at the office or during a phone call, particularly when we are sitting, is “a door opened to the unconscious”, according to graphologist, Sylvie Chermet-Carroy. She states, “A creative gesture, where we give freedom to our imagination, we scribble to stop worrying, facilitate the wait, but also to escape and be inspired.”

Should we be worried about scribbling?

Absolutely not. We hide or we tear our scribbles out of fear of being considered bored, but rather than betraying a lack of concentration, they indicate that we are concentrating or deepening our ideas.

No complex!

Even Victor Hugo scribbled and loved doing it, “It amuses me between two stanzas”. Essentially it is a secret language just for oneself.

Scribbling is useful…

Because it is also, “A way to release oneself from tension ».

Beethoven à la Philharmonie de Paris

Une exposition lui est consacrée.

Ludwig van Beethoven (1770-1827) né à Bonn dans une famille de musicien a connu une enfance difficile avec un père alcoolique et violent. Compositeur précoce, il a crée sa première œuvre connue à 12 ans. A 14 ans,  il gagnait déjà sa vie et contribuait à nourrir sa famille. Il a côtoyé de grands musiciens. Il fut l’élève de Haydn. Avant cela, en 1787, il joue devant Mozart qui dira en tout simplicité  » Ce jeune homme fera parler de lui ».

Personnage hors du commun Ludwig van Beethoven a franchi les barrières du classicisme. Il a ouvert le champ à des courants artistiques toujours renouvelés. Mondialement admiré et interprété, il est à la fois présent et intemporel.

 Un personnage toujours en évolution, c’est ce qui est particulièrement frappant dans son écriture tout au fil de sa vie. Penchons-nous sur trois documents pour tenter de comprendre l’homme qu’il a été.

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Ecriture à 17 ans

Ce qui est surprenant ici, c’est la maturité remarquable de l’écriture. Cela transparait dans  la tenue de ligne rigoureuse, une angulosité des formes, une ponctuation irréprochable, des finales aiguisées comme des flèches, autant d’éléments qui traduisent une détermination et une exigence peu communes à cet âge. On décèle également une attitude très critique face à la vie sur un fond de rigidité. Aucune influençabilité dans la mentalité du jeune homme mais au contraire la force et la volonté. Sans doute que la pénibilité de l’enfance a renforcé un caractère déjà bien trempé. Ce n’est pas sans angoisse car les noirceurs du graphisme trahissent une certaine morbidité.

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A 27 ans un autre homme

Le graphisme est totalement libéré, le mouvement n’est plus dans la contrainte. La rapidité de l’écriture s’associe à des formes parfois extravagantes. Les règles sont bousculées. Alors qu’à 17 ans apparaissait une mise en page rigoureuse (signe de respect des convenances), ici personne ne dicte de règles sauf Ludwig van Beethoven lui-même! En même temps cela renseigne sur un comportement peu sociable. Pour exemple, cela ne s’est pas très bien passé avec Haydn qui lui a déclaré « vous avez beaucoup de talent…vous aurez des pensées que personne n’a encore eues, vous ne sacrifierez jamais votre pensée à une règle tyrannique mais vous sacrifierez les règles à vos fantaisies… »

Ludwig Van Beethoven, n’avait pas la réputation d’être diplomate! Son écriture met l’accent sur la révolte face à la contrainte, le refus des limitations (les formes sont escamotées, amplifiées, majestueuses, originales) et la révolte contre le père symbolique. Farouchement indépendant, le terme est insuffisant pour traduire sa soif de vivre à la hauteur de sa philosophie. Un incident illustre cette réalité. En 1806 son mécène, le  prince Carl Lichnowsky, lors d’une réception dans son château l’avait menacé de le mettre aux arrêts s’il refusait obstinément de jouer du piano pour des officiers français. Beethoven quitta les lieux avant d’envoyer le billet suivant: « Prince, ce que vous êtes, vous l’êtes par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis devenu par moi-même. Des princes, il y en a et il y en aura encore des milliers. Il n’y a qu’un Beethoven. » Après cet éclat, on s’en doute, le prince a supprimé la pension qu’il donnait au compositeur.

La taille de l’écriture, les gonflements soudains, les envolées suivies d’effondrements, avec des formes évanescentes sont à la hauteur d’un personnage tout en contrastes, tour à tour excédé ou nuancé, enthousiaste ou révolté.  L’ego prend toute la place mais l’imaginaire également sur un fond d’hypersensibilité à vif. Rappelons qu’à cette époque est apparu le début de la surdité, rien de pire pour un musicien. Les formes élancées, la continuité du trait (pas de coupure dans les mots) et cette association de la souplesse et de formes incisives mettent en évidence une personnalité qui face aux crises de la vie, peut occasionner sa propre renaissance. « Je veux saisir le destin à la gorge » dira-t-il plus tard.

L’amour malmené

L’écriture témoigne d’une extraordinaire sensibilité, d’une puissance portée à franchir tous les obstacles. Toutefois, la zone médiane de l’écriture qui témoigne du vécu affectif est particulièrement instable avec des formes changeantes et escamotées. Les gonflements soudains sont à l’image de l’emballement, le trait filiforme à l’inverse signale une fuite en avant. Désir et peur de l’amour. Fantasmes, exaltation des sentiments et impossibilité à s’investir pleinement dans la relation, telle est la conclusion révélée par l’écriture. L’amour peut être vécu dans le rêve impossible, dans un idéal, mais vraisemblablement pas dans le quotidien. Ce n’est pas la marque de l’insensibilité, au contraire! En témoigne l’extrême souffrance qui transparait dans l’écriture plus tardive, juste après avoir appris la tentative de suicide de son neveu.

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Dans ce document la noirceur et la rigidité, l’écriture étrécie sont autant d’indicateur d’angoisse, de repli sur soi et de désespoir, voire de culpabilité. Toutes les situations de sa vie ont touché Ludwig Von Beethoven au plus profond de lui-même.

Tout est extrême dans son écriture et dans sa personnalité. Dans sa formulation, Haydn lui avait formulé: « vous me faites l’impression d’un homme qui a plusieurs têtes, plusieurs cœurs, plusieurs âmes ». N’est-ce pas le propre de l’homme de génie?

Ludwig van Beethoven a bien gardé ses secrets dans le domaine de l’amour. Il est décédé lorsque sa santé s’est délabrée avec entre autres une intoxication sévère due au plomb. Il était grand amateur de vin qu’il savourait dans une coupe de cristal de plomb et il ajoutait paraît-il du sel de plomb pour le sucrer…

L’histoire en a fait un personnage particulièrement bourru mais dans son testament d’Heiligenstadt (1802), il nous livre (ce qui pourrait être son épitaphe).

 « Ô vous, hommes qui pensez que je suis un être haineux, obstiné, misanthrope, ou qui me faites passer pour tel, comme vous êtes injustes ! Vous ignorez la raison secrète de ce qui vous paraît ainsi. […]Songez que depuis six ans je suis frappé d’un mal terrible, que des médecins incompétents ont aggravé. D’année en année, déçu par l’espoir d’une amélioration, […] j’ai dû m’isoler de bonne heure, vivre en solitaire, loin du monde. […] Si jamais vous lisez ceci un jour, alors pensez … que le malheureux se console en trouvant quelqu’un qui lui ressemble et qui, malgré tous les obstacles de la Nature, a tout fait cependant pour être admis au rang des artistes et des hommes de valeur. »

Sylvie Chermet-Carroy

Site sur la graphologie

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Folie dans les arbres

Le test du dessin d’arbre nous révèle des tendances, des qualités, parfois l’histoire de la personne. Le vécu est tracé inconsciemment. Il transparaît et s’analyse dans le dessin. Les marques, les cicatrices du tronc, la richesse d’un feuillage, les hésitations des branches sont autant d’indicateurs qui permettent, comme un miroir de révéler l’âme, les désirs, la personnalité.

Depuis fort longtemps, j’utilise ce test pour déterminer l’orientation des adolescents ou des adultes qui cherchent une voie de réalisation.

Aujourd’hui, posons-nous cette question: Et les arbres de peintres? Sont-ils révélateurs de leur personnalité?

Cherchons ensemble les grandes tendances reflétées par les arbres de trois peintres: Séraphine Louis, Chaïm Soutine, le douanier Rousseau.

L’arbre de Séraphine Louis

Séraphine Louis arbre

« l’arbre rouge »

La particularité de cet arbre est sans doute son étrangeté, avec un tronc qui n’en est pas un, le feuillage qui emplit tout l’espace supérieur et épouse une forme carrée, les feuilles innombrables et toutes petites qui opèrent un remplissage sans laisser le moindre vide.

Lorsqu’on trace un arbre, on manifeste un ancrage par le tronc et d’éventuelles racines. Les branches et le développement vers le haut expriment la communication, le monde des idées. La stature de l’arbre montre le positionnement dans la vie.

Dans l’arbre de Séraphine Louis, rien ne certifie la présence du sol qui symbolise la base sur laquelle on se construit. Son arbre semble flotter ou être entouré de cendres ou de plumes, d’un terrain peu solide et indéfini. La personnalité est loin des questions terre-à-terre. Mais il manque une base solide dans cette personnalité. Elle est dans son univers imaginaire manifesté par l’importance du feuillage qui prend une forme carrée simplement parce que c’est le format du support. C’est à l’image d’un être qui cherche ses limites, qui a du mal à se situer avec les autres et face à la vie. La mobilité extrême des feuilles traduit une fertilité d’idées mais cependant rien ne les relient car l’arbre est sans structure. L’imaginaire est prépondérant voire dévorant et prend le pas sur tout le reste. Séraphine Louis a vécu dans une grande simplicité. Elle a travaillé comme domestique: le labeur le jour et la peinture la nuit en autodidacte. Elle fabriquait elle-même ses pigments et se privait de manger pour acheter du « Ripolin » pour faire ses mélanges.

Il n’y a pas d’ouvertures dans son arbre si touffu et si dense qu’il évoque un enfermement dans un système obsessionnel (la multitude de répliques dans le feuillage). Il se dégage une force inouïe dans ce tronc ou cette branche qui porte la tête de l’arbre et qui se dirige vers la droite (la volonté d’aller de l’avant). Et le retour du mouvement à gauche qui est la marque de l’introversion, se fait sur l’extrémité du tronc tracé comme un moignon. Imagination, richesse intérieure, détermination, souffrance et surtout une coupure avec le réel marquent l’expression de sa personnalité dans cette peinture d’arbre.

Séraphine Louis née en 1864 a été orpheline à 7 ans, plus ou moins livrée à elle-même. En 1912, elle travaille chez un critique d’art allemand qui décèle ses talents et lui donne les moyens de peindre jusqu’au jour où il doit quitter la France. Séraphine Louis sombre dans le délire et finit sa vie en hôpital psychiatrique. Son arbre est annonciateur de la maladie mentale dans la mesure où malgré la force intérieure qu’il recèle, le lien avec la réalité fait défaut, ainsi que l’adaptation à la vie. C’est un repli sur la souffrance et une autoprotection qui ressortent ici.

La peinture a pu être également le moyen de survivre émotionnellement et spirituellement. Séraphine disait peindre inspirée par le divin. Sa vie a été merveilleusement interprétée par Yolande Moreau dans le film qui porte son nom « Séraphine ».

Les arbres de  Chaïm Soutine

Soutine l'allée des arbres

« L’allée d’arbres »

Qu’est-ce qui domine dans ces arbres? Leur taille immense et les hommes tout petits dans cette allée. Les troncs et les feuillages assez mélangés, agités, tordus, et puis cette voûte qui forme comme un tunnel ou un voûte protectrice ou un mélange très imbriqué entre la droite et la gauche, le futur (la droite) et le passé (la gauche). Une difficulté à démêler les idées, les relations, les questions de la vie.

Rappelons que la base de l’arbre et le tronc expriment notre solidité, la façon de conduire la vie (avec souplesse ou rigidité). Ici les troncs sont à la fois rigides mais aussi tordus. Ceci traduit une ambivalence entre la rigidité du comportement et la volonté de s’adapter. Ils sont la marque d’une souffrance et d’une volonté de « s’en sortir », de progresser et de s’élever. D’origine très modeste, Soutine né d’une famille nombreuse en Russie (vers 1893) a côtoyé la misère. Il a été fasciné par l’art et a connu Picasso, Max Jacob, Modigliani qui a été son ami.

L’ambition de progresser ressort dans ce tableau par l’intensité du mouvement vers le haut qui est cependant alourdie dans des enchevêtrements multiples. Cela traduit surtout l’agitation mentale voire une certaine confusion. Bizarrement un croissant rouge est présent à la racine de l’arbre à droite. Ce rouge intense est une piste qui questionne sur l’origine de la vie (la base de l’arbre), une douleur qui est présente et sur laquelle l’être tente de se construire. En tout cas c’est une blessure et le rouge est la couleur du sang. Soutine a peint de multiples paysages aux maisons tortueuses, déformées et des pièces de viande qui pendent comme dans les boucheries. Il nous dit «J’ai vu une fois le boucher du village trancher le cou d’une oie et laisser s’écouler le sang. Je voulais crier, mais son air joyeux me nouait la gorge… Ce cri, je le sens encore là. »

Est-ce là la source de son déséquilibre? Ce tableaux (et les autres œuvres) confirment plutôt un terrain psychique perturbé, un homme en souffrance qui aurait eu besoin d’être accompagné, voire canalisé sous peine d’être la proie de son mental agité. Son tableau décrit une personnalité déconcertante à la fois en quête d’évolution et enfermée. Il va de soi qu’une expression artistique s’inscrit dans un tout, dans un ensemble et dans une époque. La recherche picturale aussi originale soit-elle traduit aussi une personnalité unique à un moment précis de la vie.

 L’arbre d’Henri Rousseau dit « Le douanier »

Douanier Rousseau arbre

« Dans la forêt »

Le Douanier Rousseau et né à Laval en 1844. Autodidacte en peinture, considéré comme « peintre naïf », il nous offre ici plusieurs arbres dans ce tableau. Qu’est-ce qui nous frappe en ce qui concerne les arbres? Ils ont tous un tronc immense et un feuillage qui est parcimonieux mais tracé avec beaucoup d’application.

La prédominance du tronc c’est la présence du concret, du pragmatisme mais c’est aussi, comme les arbres entre eux dans la forêt, une façon de prendre sa place, de tracer son chemin vers la lumière ou l’objectif que l’on se fixe. Le tronc nous montre en général les facultés d’adaptation et la couronne (la partie feuillues) l’intellect, les idées donc, ainsi que l’échange.

On remarque ici la forte présence du tronc et par ailleurs, la simplicité, voire la pauvreté du feuillage. Le sens concret est présent, la débrouillardise aussi (souplesse et ondulation de l’arbre). Le tronc c’est l’énergie vitale mais aussi les pulsions. Celles-ci doivent être canalisées par le mental (la couronne, branches et feuillage). On observe dans les arbres du douanier un décalage entre la puissance des pulsions (l’énergie qui monte dans le tronc) et la difficulté à « raisonner » les pulsions, à leur donner un sens, à les canaliser. Car la couronne est insuffisante. Que conclure? Dans ce cas, il peut y avoir passage à l’acte à partir de pulsions mal contrôlées. Il se trouve que exempté de service militaire, on lui  trouvé un place chez un notaire, chez lequel Henri Rousseau a commis un larçin… Si on en reste à l’analyse du dessin, le raisonnement a fait défaut. Il a eu le choix entre la prison ou l’engagement dans l’armée, ce qui normalement fait réfléchir. Eh bien, beaucoup plus tard il est complice d’une escroquerie lésant la Banque de France. Rien que ça! Et à quel âge? 63 ans! Il avait suivi un ami comptable dans cette aventure.

Dans le tableau, l’arbre de gauche a une branche coupée. Cela traduit la volonté de mettre une coupure sur une partie de la vie. C’est inconscient bien sûr. C’est comme une amputation et un vécu dont on veut se séparer. Mais cela signale surtout la volonté de mettre à distance des épreuves non assimilées. Le douanier Rousseau a traversé de grandes souffrances. Il a connu de nombreux deuils (ses enfants, sa femme). Le personnage en rouge est comme en interrogation, regardant le futur (à droite) et se réfugiant dans le passé (la gauche). Toutes les ondulations et les grossissements dans les troncs et les branches rappellent que cet être introverti a intériorisé son vécu, probablement sans en parler (les couronnes d’arbres sont pauvres) et en protégeant sa sensibilité.

La symbolique de l’écriture, des dessins d’enfants ou d’adulte offre un éclairage, permet souvent une anticipation, aide au diagnostic.

Sylvie Chermet-Carroy

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ZERO, tout ou rien

A lui seul, le zéro est tout un univers. Il n’est pas venu « comme cela ». Un vrai périple en réalité. Défendu et décrié avec passion dans l’Antiquité, on oserait même dire qu’il a été source d’angoisse pendant quelques siècles.

Dans l’Antiquité, de nombreuses civilisations ont imagé la création du monde à partir du vide. C’est à partir du vide, lui-même associé au chaos, que commence à poindre l’existence, la lumière source de toute vie. Le zéro qui se trouve si l’on peut dire, comme un point de bascule vers l’infini, prend véritablement une valeur existentielle. D’où les polémiques et les débats parfois violents autour du zéro! Dans l’Antiquité grecque, Aristote et d’autres philosophes affirmaient que l’infini n’existe pas. Pas d’infini, pas de zéro.

 De tous les chiffres il est vraiment « à part ». Il  n’a pas de valeur et en même temps il donne une valeur considérable placé après un chiffre. Quand on additionne un chiffre à lui-même, c’est facile, deux et deux… mais zéro et zéro, ça ne bouge pas. Et quand on ajoute une ribambelle de zéro à un chiffre, c’est carrément immense. On multiplie cette immensité par zéro et… tout s’écroule, on obtient zéro.

 

Occident et Orient

En occident, et notamment en s’appuyant sur les idées d’Aristote, il a été affirmé pendant longtemps que « rien ne sort de rien », qu’il ne peut y avoir de vide ni d’infini. Le zéro fait figure d’agitateur au sein de toutes les polémiques philosophiques et théologiques.

Ce dernier nous est arrivé par les influences arabes avec une origine vraisemblablement indienne. Rappelons que dans la philosophie indienne, on n’a pas peur de l’infini! Au contraire le vide a une place importante dans les religions hindoues. Zéro vient de l’arabe sifr, issu de  sunya , nom indien qui signifie « vide ».

Les rebondissements historiques sur la dangerosité du zéro sont certes passionnants mais débordent quelque peu le propos de cet article, aussi je vous propose le parcours plus pragmatique de l’étude graphologique.

Si  la forme des lettres offre un potentiel d’analyse de la personnalité, qu’en est-il des chiffres? Aujourd’hui je choisis le zéro. Sa particularité nous révèlera bien quelques mystères.

 

Le symbolisme du zéro dans l’écriture

Tracé en forme ovale ou circulaire, sa signification épouse plusieurs registres d’analyse. Symbole de la roue, du mouvement, du passage d’un stade à un autre, il comporte une valeur dynamique. Toutefois, son dessin en principe bien clos, est aussi un mouvement typique de fermeture, de protection et surtout d’oralité comme toutes les formes rondes.

Apparenté au cercle, le zéro représente le tout. C’est le symbole de l’Ouroboros : l’image du serpent qui se mord la queue et qui forme ainsi un cercle. Il signifie le début et la fin. Il est l’infini, le temps avec son éternel recommencement. Ainsi le zéro est associé à l’idée de cycles.

Signe numérique sans valeur par lui-même, il peut indiquer ce qui est nul, ce qui ne compte pas. Et il comporte par ailleurs un pouvoir multiplicateur. Il confère une autre dimension aux chiffres qui le précèdent. Finalement, il donne une valeur spécifique à un potentiel.

Dans une énumération, il chiffre les dizaines. Sur un plan symbolique, il est le passage d’une série à une autre, d’un cycle qui se termine à un nouveau départ.

Le zéro  comporte donc une notion de régénération périodique. Dans la culture maya, on le représentait par une coquille dont la spirale symbolise la croissance infinie, le potentiel de vie en évolution, la gestation voir la vie fœtale.

Dans l’Egypte ancienne, il semble qu’aucun hiéroglyphe ne lui corresponde. Cependant, les scribes ménageaient un emplacement vide à l’endroit où une puissance de dix manquait.

Sur le plan graphologique, les formes rondes plus ou moins closes évoquent le retour à soi mais surtout l’oralité c’est-à-dire le rapport à la nourriture mais aussi la recherche de plaisir immédiat, de satisfactions faciles, à l’image de l’enfant qui assume difficilement les frustrations. Dans le graphisme, on observera particulièrement la tonicité du tracé ou son relâchement. Ce dernier mettant l’accent sur la symbolique orale qui se rattache au zéro, notamment lorsqu’il est ventru, étalé ou en forme de ballon dépassant les autres chiffres.

 Pour l’analyse graphologique, nous retiendrons la notion de cycles de la vie, de retour à soi et d’oralité. Il arrive que la symbolique de la vie fœtale transparaisse en association avec la lettre « o » dont le symbolisme est en relation avec  la vie et la mort . Ces notions ne sont d’ailleurs pas étrangères les unes aux autres, au contraire. La naissance, la relation à la vie, la notion d’évolution sont liées. L’analyse du zéro peut prendre un éclairage plus précis en tenant compte du tracé des autres chiffres.

 

Exemples

 zéro001

Les gonflements traduisent une prédominance orale dans la personnalité. Dans une suite de zéros, le grossissement exprime les désirs insatiables. Le scripteur en veut toujours plus. Le fait qu’ils soient liés, dans un graphisme relâché, confirme cette idée (de ne pas lâcher prise et de rester centré sur le désir personnel).

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Le dessin de ce zéro est ferme mais ouvert à gauche. C’est une attache au passé, à la mère. On peut y voir une hésitation à engendrer les nouveaux cycles de sa vie.

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Le tracé est mou, aplati, ouvert à gauche. C’est la marque d’une attitude passive. Il peut y avoir une compensation orale face aux déceptions de la vie, voire une dépendance affective ou à la nourriture.

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Ce zéro difforme (on doit lire 90) ouvert en bas et à gauche est apparu dans l’écriture d’une femme au cours d’épreuves qu’elle avait du mal à surmonter. Ce tracé est révélateur d’une envie de « baisser les bras ». Il est comme un refus de suivre les cycles de la vie. Le zéro suit un chiffre neuf légèrement basculé sur la gauche, mais dont le potentiel créateur est encore présent car il est relativement bien formé et surtout ouvert à droite (symbole du futur). Cela nous signale que malgré le découragement, cette personne peut réveiller sa force de vie pour aller de l’avant et engendrer un nouveau cycle dans sa vie, même si elle a besoin d’être aidée.

ll arrive également qu’une lettre alphabétique épouse la forme d’un chiffre. Dans ce cas, le symbolisme de celui-ci se combine à celui de la lettre en question. En les analysant conjointement, on découvre les méandres et les richesses d’une personnalité toujours en évolution.

 

Sylvie Chermet-Carroy, graphologue

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Bibliographie:

  • Interpréter les lettres et les chiffres dans l’écriture. S Chermet-Carroy, Editions Exergue.
  • Zéro, biographie d’une idée dangereuse. Charles Seife. Editions JC Lattès