Révisez votre anglais

Yesterday I discovered an article published some time ago! You may learn more (in french) reading my book « Ce que révèlent vos gribouillis ». Have a nice time and have a look at your doodles!

Doodling:

Why do I scribble when on the phone or in a meeting?

Lindsay POUI-DI

marie france ASIA 19 January 2015

 

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Checkerboards, a mini-wall of China, mandalas, clouds, arrows, arabesques, flowerets and other doodles tend to sneakily make their way onto any empty paper we might be holding. During a discussion, a lengthy meeting or a sudden phone call, we illustrate our pads, Post-its or corners of the pages of our austere reports with spontaneous scribbles. Once the conversation or the meeting ends, we hurry to crumple them – discreetly if possible.

Why do we scribble?

Scribbling at the office or during a phone call, particularly when we are sitting, is “a door opened to the unconscious”, according to graphologist, Sylvie Chermet-Carroy. She states, “A creative gesture, where we give freedom to our imagination, we scribble to stop worrying, facilitate the wait, but also to escape and be inspired.”

Should we be worried about scribbling?

Absolutely not. We hide or we tear our scribbles out of fear of being considered bored, but rather than betraying a lack of concentration, they indicate that we are concentrating or deepening our ideas.

No complex!

Even Victor Hugo scribbled and loved doing it, “It amuses me between two stanzas”. Essentially it is a secret language just for oneself.

Scribbling is useful…

Because it is also, “A way to release oneself from tension ».

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Folie dans les arbres

Le test du dessin d’arbre nous révèle des tendances, des qualités, parfois l’histoire de la personne. Le vécu est tracé inconsciemment. Il transparaît et s’analyse dans le dessin. Les marques, les cicatrices du tronc, la richesse d’un feuillage, les hésitations des branches sont autant d’indicateurs qui permettent, comme un miroir de révéler l’âme, les désirs, la personnalité.

Depuis fort longtemps, j’utilise ce test pour déterminer l’orientation des adolescents ou des adultes qui cherchent une voie de réalisation.

Aujourd’hui, posons-nous cette question: Et les arbres de peintres? Sont-ils révélateurs de leur personnalité?

Cherchons ensemble les grandes tendances reflétées par les arbres de trois peintres: Séraphine Louis, Chaïm Soutine, le douanier Rousseau.

L’arbre de Séraphine Louis

Séraphine Louis arbre

« l’arbre rouge »

La particularité de cet arbre est sans doute son étrangeté, avec un tronc qui n’en est pas un, le feuillage qui emplit tout l’espace supérieur et épouse une forme carrée, les feuilles innombrables et toutes petites qui opèrent un remplissage sans laisser le moindre vide.

Lorsqu’on trace un arbre, on manifeste un ancrage par le tronc et d’éventuelles racines. Les branches et le développement vers le haut expriment la communication, le monde des idées. La stature de l’arbre montre le positionnement dans la vie.

Dans l’arbre de Séraphine Louis, rien ne certifie la présence du sol qui symbolise la base sur laquelle on se construit. Son arbre semble flotter ou être entouré de cendres ou de plumes, d’un terrain peu solide et indéfini. La personnalité est loin des questions terre-à-terre. Mais il manque une base solide dans cette personnalité. Elle est dans son univers imaginaire manifesté par l’importance du feuillage qui prend une forme carrée simplement parce que c’est le format du support. C’est à l’image d’un être qui cherche ses limites, qui a du mal à se situer avec les autres et face à la vie. La mobilité extrême des feuilles traduit une fertilité d’idées mais cependant rien ne les relient car l’arbre est sans structure. L’imaginaire est prépondérant voire dévorant et prend le pas sur tout le reste. Séraphine Louis a vécu dans une grande simplicité. Elle a travaillé comme domestique: le labeur le jour et la peinture la nuit en autodidacte. Elle fabriquait elle-même ses pigments et se privait de manger pour acheter du « Ripolin » pour faire ses mélanges.

Il n’y a pas d’ouvertures dans son arbre si touffu et si dense qu’il évoque un enfermement dans un système obsessionnel (la multitude de répliques dans le feuillage). Il se dégage une force inouïe dans ce tronc ou cette branche qui porte la tête de l’arbre et qui se dirige vers la droite (la volonté d’aller de l’avant). Et le retour du mouvement à gauche qui est la marque de l’introversion, se fait sur l’extrémité du tronc tracé comme un moignon. Imagination, richesse intérieure, détermination, souffrance et surtout une coupure avec le réel marquent l’expression de sa personnalité dans cette peinture d’arbre.

Séraphine Louis née en 1864 a été orpheline à 7 ans, plus ou moins livrée à elle-même. En 1912, elle travaille chez un critique d’art allemand qui décèle ses talents et lui donne les moyens de peindre jusqu’au jour où il doit quitter la France. Séraphine Louis sombre dans le délire et finit sa vie en hôpital psychiatrique. Son arbre est annonciateur de la maladie mentale dans la mesure où malgré la force intérieure qu’il recèle, le lien avec la réalité fait défaut, ainsi que l’adaptation à la vie. C’est un repli sur la souffrance et une autoprotection qui ressortent ici.

La peinture a pu être également le moyen de survivre émotionnellement et spirituellement. Séraphine disait peindre inspirée par le divin. Sa vie a été merveilleusement interprétée par Yolande Moreau dans le film qui porte son nom « Séraphine ».

Les arbres de  Chaïm Soutine

Soutine l'allée des arbres

« L’allée d’arbres »

Qu’est-ce qui domine dans ces arbres? Leur taille immense et les hommes tout petits dans cette allée. Les troncs et les feuillages assez mélangés, agités, tordus, et puis cette voûte qui forme comme un tunnel ou un voûte protectrice ou un mélange très imbriqué entre la droite et la gauche, le futur (la droite) et le passé (la gauche). Une difficulté à démêler les idées, les relations, les questions de la vie.

Rappelons que la base de l’arbre et le tronc expriment notre solidité, la façon de conduire la vie (avec souplesse ou rigidité). Ici les troncs sont à la fois rigides mais aussi tordus. Ceci traduit une ambivalence entre la rigidité du comportement et la volonté de s’adapter. Ils sont la marque d’une souffrance et d’une volonté de « s’en sortir », de progresser et de s’élever. D’origine très modeste, Soutine né d’une famille nombreuse en Russie (vers 1893) a côtoyé la misère. Il a été fasciné par l’art et a connu Picasso, Max Jacob, Modigliani qui a été son ami.

L’ambition de progresser ressort dans ce tableau par l’intensité du mouvement vers le haut qui est cependant alourdie dans des enchevêtrements multiples. Cela traduit surtout l’agitation mentale voire une certaine confusion. Bizarrement un croissant rouge est présent à la racine de l’arbre à droite. Ce rouge intense est une piste qui questionne sur l’origine de la vie (la base de l’arbre), une douleur qui est présente et sur laquelle l’être tente de se construire. En tout cas c’est une blessure et le rouge est la couleur du sang. Soutine a peint de multiples paysages aux maisons tortueuses, déformées et des pièces de viande qui pendent comme dans les boucheries. Il nous dit «J’ai vu une fois le boucher du village trancher le cou d’une oie et laisser s’écouler le sang. Je voulais crier, mais son air joyeux me nouait la gorge… Ce cri, je le sens encore là. »

Est-ce là la source de son déséquilibre? Ce tableaux (et les autres œuvres) confirment plutôt un terrain psychique perturbé, un homme en souffrance qui aurait eu besoin d’être accompagné, voire canalisé sous peine d’être la proie de son mental agité. Son tableau décrit une personnalité déconcertante à la fois en quête d’évolution et enfermée. Il va de soi qu’une expression artistique s’inscrit dans un tout, dans un ensemble et dans une époque. La recherche picturale aussi originale soit-elle traduit aussi une personnalité unique à un moment précis de la vie.

 L’arbre d’Henri Rousseau dit « Le douanier »

Douanier Rousseau arbre

« Dans la forêt »

Le Douanier Rousseau et né à Laval en 1844. Autodidacte en peinture, considéré comme « peintre naïf », il nous offre ici plusieurs arbres dans ce tableau. Qu’est-ce qui nous frappe en ce qui concerne les arbres? Ils ont tous un tronc immense et un feuillage qui est parcimonieux mais tracé avec beaucoup d’application.

La prédominance du tronc c’est la présence du concret, du pragmatisme mais c’est aussi, comme les arbres entre eux dans la forêt, une façon de prendre sa place, de tracer son chemin vers la lumière ou l’objectif que l’on se fixe. Le tronc nous montre en général les facultés d’adaptation et la couronne (la partie feuillues) l’intellect, les idées donc, ainsi que l’échange.

On remarque ici la forte présence du tronc et par ailleurs, la simplicité, voire la pauvreté du feuillage. Le sens concret est présent, la débrouillardise aussi (souplesse et ondulation de l’arbre). Le tronc c’est l’énergie vitale mais aussi les pulsions. Celles-ci doivent être canalisées par le mental (la couronne, branches et feuillage). On observe dans les arbres du douanier un décalage entre la puissance des pulsions (l’énergie qui monte dans le tronc) et la difficulté à « raisonner » les pulsions, à leur donner un sens, à les canaliser. Car la couronne est insuffisante. Que conclure? Dans ce cas, il peut y avoir passage à l’acte à partir de pulsions mal contrôlées. Il se trouve que exempté de service militaire, on lui  trouvé un place chez un notaire, chez lequel Henri Rousseau a commis un larçin… Si on en reste à l’analyse du dessin, le raisonnement a fait défaut. Il a eu le choix entre la prison ou l’engagement dans l’armée, ce qui normalement fait réfléchir. Eh bien, beaucoup plus tard il est complice d’une escroquerie lésant la Banque de France. Rien que ça! Et à quel âge? 63 ans! Il avait suivi un ami comptable dans cette aventure.

Dans le tableau, l’arbre de gauche a une branche coupée. Cela traduit la volonté de mettre une coupure sur une partie de la vie. C’est inconscient bien sûr. C’est comme une amputation et un vécu dont on veut se séparer. Mais cela signale surtout la volonté de mettre à distance des épreuves non assimilées. Le douanier Rousseau a traversé de grandes souffrances. Il a connu de nombreux deuils (ses enfants, sa femme). Le personnage en rouge est comme en interrogation, regardant le futur (à droite) et se réfugiant dans le passé (la gauche). Toutes les ondulations et les grossissements dans les troncs et les branches rappellent que cet être introverti a intériorisé son vécu, probablement sans en parler (les couronnes d’arbres sont pauvres) et en protégeant sa sensibilité.

La symbolique de l’écriture, des dessins d’enfants ou d’adulte offre un éclairage, permet souvent une anticipation, aide au diagnostic.

Sylvie Chermet-Carroy

Consultations, cours

Site

Tout savoir sur les arbres et les forêts

Le palmier à tous les âges

 Très tôt, l’enfant dessine un arbre, une maison, un bonhomme, autant d’éléments révélateurs de son évolution, de ses états d’âme, et de la conscience qu’il a de lui-même. Et les adultes alors?

Le test du dessin d’arbre

Le test du dessin d’arbre révèle autant les qualités relationnelles que le potentiel professionnel ou la capacité à se lancer dans un projet.

Comment cela? Est-ce qu’on n’est pas dans l’irrationnel?

Eh bien non, ces résultats ne sont pas bâtis sur des sables mouvants! Tiens, vous voyez, sans le faire exprès je prends une image, celle du sable. Justement un petit clin d’œil au psychanalyste Bachelard qui a développé toutes ces données présentes au plus profond de l’être humain, le feu, la terre, la pierre avec toutes les projections imaginaires de l’être humain, les qualités concrètes autant que spirituelles qui vont avec. Eh bien pour l’arbre c’est pareil! Revenons à l’arbre. Au début du 20ème siècle parmi les recherches sur ce sujet, on a orienté les dessins en demandant de faire « un arbre joyeux, un arbre triste, un arbre mourant… » Des milliers de dessins ont fait remarquer que les arbres « heureux » étaient plus grands que les arbres « effrayés » qui eux étaient un peu recroquevillés. On a noté que l’arbre « souffrant » s’incline et penche vers le bas. On dit bien « sauter de joie », mouvement vers le haut et « je laisse tomber, je baisse les bras » posture de découragement. Dans l’analyse du dessin d’arbre (voir « les trois parties de l’arbre« ), on fait le chemin inverse, on part de l’observation d’une forme pour remonter à la source: le sentiment et la conscience de soi.

Et voilà le palmier !

Aujourd’hui, penchons-nous si on peut dire, sur quelques palmiers. L’arbre s’analyse dans toute sa complexité avec autant de nuances que la richesse d’une personne. A la consigne « dessine un arbre » le dessin du palmier dans ce test évoque toujours un désir d’évasion. Il apparaît fréquemment chez les adolescents qui désirent autre chose que la contrainte scolaire, et l’autorité parentale. Chez l’adulte c’est un peu différent et aussi moins fréquent. On tiendra compte également de la culture et du contexte géographique. Le palmier peut faire partie du quotidien, de la vie de tous les jours. Toutefois chaque représentation d’arbre n’est jamais quelque chose d’anodin! Si vous choisissez le chêne qui représente entre autres la puissance, cela n’a pas la même signification que le dessin d’un frêle bouleau.

Les palmiers de Victorine (7 ans)

Palmier Fille 7 ans Isolement1

Ce palmier émerge sur son îlot tout noir avec ses palmes coloriées à la hâte. L’arbre dessiné sur un îlot nous signale que Victorine souffre d’un sentiment d’isolement. Une perturbation est indiquée par le sol noir qui alerte sur un fond un peu dépressif. De plus l’eau est inexistante. On la devine simplement. L’eau est liée symboliquement à l’émotion. Ceci traduit une inhibition des sentiments. Il est nécessaire et peut-être urgent d’inciter Victorine à parler, à exprimer ses émotions. Elle a besoin d’une écoute et de pouvoir livrer ce qui la préoccupe. Notons que la petite étoile de mer à gauche (que l’on devine à peine sur le fond noir) est coloriée en violet (voir « la couleur dans le dessin d’enfant »), couleur d’angoisse chez l’enfant. Il n’y a rien à dramatiser mais le tronc dont la base est très mince pour supporter l’arbre nous signale une instabilité affective qui peut être passagère. C’est à vérifier prudemment avec d’autres dessins.

Quelques semaines plus tard, la communication rétablie, Victorine nous trace toujours ses palmiers sur de petits îlots. Je précise qu’elle ne vit pas au bord de la mer sous les cocotiers. Mais le dessin qu’elle affectionne a bien changé.

Palmier Fille 7 ans Isolement3

La couleur joyeuse signe une extraversion et un mieux être même si tout n’est pas résolu. On note une transformation intéressante par l’apparition de chiffres impairs dans les palmes (six auparavant, sept maintenant). Les chiffres impairs ont un symbolisme d’action, de dynamisme à l’inverse de la réceptivité ou l’attentisme signifié par les chiffres pairs. Il y a un réveil de l’action et de la créativité.

 L’arbre de Martial (20 ans)

Martial 20a arbre 2Martial est en cours d’études supérieures. Il le vit avec beaucoup de stress. Dans le test qui comporte plusieurs arbres, son premier arbre est minuscule, collé à gauche de la feuille ce qui signifie un besoin de sécurité. Pour le deuxième, nous y voilà! C’est le désir d’évasion, le palmier trône! Enfin notons qu’il est lui aussi bien à gauche, d’où un désir de retourner au passé plutôt que de foncer vers l’avenir représenté par la droite. Il faut dire que Martial suit ses études à quelques milliers de kilomètres de la maison familiale et de ses copains, donc on va nuancer. En fait comment est son palmier? Il est fait d’un trait net bien affirmé. Il est solide avec des très grandes palmes qui épousent un mouvement d’ouverture dans plusieurs directions. Faut-il s’inquiéter? Surtout pas! Ici ce palmier est surtout acte de libération. Martial a besoin de décompresser. Il peut le faire par le plan physique, sport, dépense d’énergie indiqué par ce tronc qui se tient bien et aussi par les contacts qui sont représentés les ouvertures multiples de la couronne en éventail. Très globalement le bas de la page est lié à la terre, la matérialité, le haut à l’esprit et à l’échange en ce qui concerne la partie mobile des branches. Ici on a un bon équilibre, pas d’inquiétude pour Martial!

Un saule pleureur qui change d’identité !

Régine arbre 2 Et bien oui, ce saule pleureur n’en est pas un! Enfin pas pour longtemps. C’est l’arbre de Régine, 32 ans qui trace en premier dans le test, un arbre qui traduit la force et le défaitiste, une instabilité avec une ligne de sol très irrégulière, des tensions agressives. Elle vient de subir un harcèlement professionnel qui se termine par une fin de contrat. Au deuxième arbre que voici, elle énonce clairement « c’est un saule pleureur ». Le saule pleureur montre toujours un certain découragement, le fait qu’on baisse les bras. Il contient souvent l’idée d’un état dépressif plus moins latent. Pas étonnant après ce que Régine vient de traverser. Je ne dis rien. Puis elle ajoute, « non c’est plutôt un palmier! » Cela veut dire que Régine est en train de transformer son état dépressif en « autre chose », une envie de s’évader de cet état qui ne correspond pas à son tempérament habituel. Son troisième arbre du test est fulgurant, un mélange de tronc un peu piquant (son système de défensive, elle ne compte pas se laisser faire) et une couronne animée de vie, d’oiseaux, papillons et autres. Elle a privilégié son projet: créer son entreprise dans un domaine différent, quelque chose qui va l’épanouir vraiment. Ces trois arbres permettent de dire qu’elle est prête à opérer le changement. J’utilise ce test pour les adolescents mais aussi pour les adultes. Associé à l’étude graphologique le test du dessin d’arbre élargit les horizons et apporte une tonalité complémentaire.

Sylvie Chermet-Carroy

Orientation, adultes et adolescents, dessins d’enfants

Cours et consultations

Site de graphologie

Site Interprétation  des dessins d’enfants

Tout sauf un sapin !

Elena1 35 ans

Dans  le test du dessin d’arbre la consigne est bien précise : « dessinez un arbre, sauf un sapin ».

En fait, j’accompagne parfois l’étude graphologique de ce test car tout simplement, il est riche en tant que révélateur de la personnalité. On y décèle également des talents professionnels. Il a été utilisé pendant longtemps dans le cadre du recrutement mais également en psychiatrie. Pour ma part, je le considère comme un atout formidable dans l’orientation professionnelle.

Combien de fois ai-je vu de grands yeux étonnés en précisant « sauf un sapin » !

Je vois bien qu’un petit discours intérieur se met rapidement en marche : « d’abord on nous fait dessiner ! En plus on ne peut même pas faire ce qu’on veut ! ».

En réalité, on est amené à dessiner plusieurs arbres (ce que je ne dis pas au début). Je me souviens d’une femme qui arrivée au troisième arbre « l’arbre de rêve » avec la consigne : « Dessinez un arbre imaginaire, comme vous le souhaitez, un arbre de rêve qui n’existe pas forcément dans la réalité » se tourne vers moi d’un air réjoui .  Avec un regard malicieux, elle me lance « et là je peux faire un sapin ? ».

« Oui, si c’est votre arbre imaginaire, faites comme vous le sentez ». Finalement elle n’a pas fait un sapin  mais un arbre avec une superbe envergure et des formes très riches.

La représentation du sapin est assez stéréotypée. Ainsi les qualités du dessinateur sont un peu « enfermées » et les aiguilles éventuelles sont comparables à un système de défense. Voilà pourquoi en principe pour le premier arbre on évite ce schéma. Ceci dit, si vous me dites « moi je veux absolument dessiner un sapin » faites donc, mais cela va s’analyser, vous pouvez être sûr.

Pourquoi le dessin d’arbre ?

Dans l’histoire, dans la littérature, dans la philosophie, l’arbre a été associé à l’image de l’homme, à la sagesse, à la connaissance. L’arbre de la Génèse, l’arbre de la justice rendue par Saint-Louis,  les révélations qui lui sont associées (dans le chamanisme notamment),  sa verticalité, sa croissance, le rythme des saisons qui rappelle les « saisons de la vie ». L’arbre est un symbole profond, archaïque et universel. L’inconscient de l’homme attribue à l’arbre une image de lui-même. En dessinant un arbre, l’homme se projette. Son dessin montre le rapport au concret avec le tronc, le mental avec la partie supérieure et le feuillage, la communication avec l’étalement de l’arbre, la façon de s’octroyer une place comme l’arbre le fait dans la forêt parmi les autres arbres.

arbre test

dessin extrait du cours par correspondance

Plus que cela, le dessin d’arbre montre comment la personne se situe actuellement, face à sa vie, face à ses projets. Son potentiel et ses richesses transparaissent dans le dessin d’arbre aussi simple soit-il. C’est tellement  parlant pour les adultes et les adolescents. Ce serait dommage de s’en priver !

Ensuite, il y a la confrontation avec soi-même : faire le point avec ce que dit notre arbre en quelque sorte. Accepter ses imperfections, tirer parti des qualités, décider de ce que l’on veut faire évoluer.

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue

Orientation professionnelle, recrutement

site sur la graphologie

site sur l’analyse du dessin d’enfant

Même les musiciens dessinent !

Même les musiciens dessinent, et en plus, sur leurs partitions ! Alors pourquoi ne pas libérer sa plume, son crayon, enfin tout ce qui nous sert à dessiner et à griffonner !

Nul besoin d’être artiste ni d’être enfant pour oser laisser parler son imagination. Evidemment cette proposition est un peu intéressée ! En tant que graphologue, j’observe, j’apprécie mais aussi je scrute attentivement les dessins de tous. Vous pensez bien ! Enfin n’exagérons rien, je les regarde aussi avec plaisir et je les savoure. Ils véhiculent toujours une forme de légèreté, de beauté. C’est une part de l’âme.

Promenons-nous dans quelques exemples !

MILLER Henry portrait2

L’écrivain américain Henry MILLER, subversif, provocateur, anti-puritain dit un jour « je serai écrivain ou je crèverai de faim ».

Il lui est arrivé dans le dénuement, d’échanger des aquarelles contre de la nourriture ou des habits, mais peut-être pas grâce à ces dessins faits « à la va-vite » ?

Miller Henry dessin tête4

Visage un peu tordu, surmonté d’une forme serpentine.  Celle-ci enfermée dans une cage à l’image de ce qui est « dans la tête » : une inspiration bloquée dans une grille mais bien vivace par son mouvement. Les yeux noirs, comme le sourire et les traits sur les joues augurent d’une ambivalence entre la désespérance et la détermination (car le trait est ferme). Les préoccupations matérielles peuvent freiner la création.

Miller Henry Dessin sexe4

Les symboles sexuels sont bien présents avec les grandes courbes, la prédominance de la bouche pulpeuse et un dessin phallique. Beaucoup de noirceur toutefois imprègne ces dessins. La force de vie et l’inquiétude se côtoient. Henry Miller disait « Peins autant que tu veux et meurs heureux ». http://www.republique-des-lettres.com/miller-9782824900810.php

PUCCINI Portrait

Avec Giaccomo PUCCINI, quel envol !

Puccini dessin + signature

Le dessin sur la partition (une esquisse pour La Bohême), épouse la même amplitude que sa signature, avec un mélange de force et de délicatesse, un mouvement souple au trait tour à tour appuyé et léger, une gestuelle qui respire la joie et l’enthousiasme ! C’est vraiment le graphisme d’un grand sentimental !

Pour écouter sa musique:  http://www.lastfm.fr/music/Giacomo+Puccini

HUGO Victor Portrait

Faire tourner les tables n’est pas donné à tout le monde !

Voici des formes fantastiques, des ectoplasmes et des sortes de fantômes dessinés librement par…devinez qui ? Victor HUGO lors de sa période spirite.

HUGO Victor fantôme4

Victor HUGO procédait à des rituels pour contacter les morts.

Bien sûr il a fait de superbes dessins mais il a également donné libre cours à tous les griffonnages. http://expositions.bnf.fr/hugo/ Victor Hugo ajoutait de la suie, du marc de café pour faire des effets spéciaux.

Alors, est-ce que vous osez dessiner maintenant ?

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Franz KAFKA a parfois agrémenté ses manuscrits de dessins comme avec ces personnages diaphanes.

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Le trait léger, les pieds peu solides donnent un côté désincarné avec une dominante cérébrale. Les visages  sont imperceptibles. Cela respire l’anonymat, une identité peu définie, voire un manque de force vitale ou un manque d’attache à la vie. Rien de joyeux dans les romans de Kafka. Avec « le Procès », « La métamorphose », l’angoisse est au rendez-vous.

Ceci est une page de son journal où atteint de tuberculose, il précise « j’écris certainement ceci parce que mon corps me désespère, ainsi qu’un avenir avec lui ».  http://fr.wikiquote.org/wiki/Franz_Kafka

Changeons d’ambiance avec le poète Jacques PREVERT!

Je vous présente le dessin dans sa totalité.

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Prévert exagère ! « Est-ce un dessin ? » dirait Magritte. Ou plutôt « Ceci n’est pas une farce ». Non, non ! C’est très sérieux, du véridique absolument !

Jacques Prévert a réalisé ce « dessin » pour payer un repas dans un restaurant parisien aux « Trois Cannettes ». Au fait, est-ce qu’il existe encore ce resto? On pourrait tous y aller avec nos crayons !

Sylvie Chermet-Carroy

http://chermetcarroy.free.fr/

Auteur de « Ce que révèlent vos gribouillis » au Courrier du Livre, pour en savoir plus sur le sujet.

Pour le plaisir des yeux : « HUGO, dessins » Editions Gallimard. « Les plus beaux manuscrits de la musique classique », Editions de la Martinière.

Dans mon prochain billet, ce sont les dessins d’enfants qui seront présentés. Pour voir notamment, comment leur rentrée scolaire est vécue.