Vidocq, un escroc célèbre

Vidocq portrait

Eugène-François Vidocq, fils de petits bourgeois, né en 1775 a commencé sa carrière de bonne heure. A treize ans il vole ses parents (des couverts en argent) et son père l’envoie en redressement, histoire de lui apprendre l’honnêteté. La leçon n’a pas marché ! Un peu plus tard, il leur vole toutes leurs économies. Il fait plusieurs fois de la prison, s’évade à de multiples reprises, fait quelques années de bagne pour avoir réalisé un faux en écriture d’un document administratif et au final : il propose ses service à la police.

Indicateur efficace, il a été chef de la police de sûreté à Paris et se vante d’avoir arrêté plus de vingt mille voyous. Sauf que les voyous en question révèlent que Vidocq a spécialement fomenté les « coups » lui-même pour pouvoir arrêter ces voleurs et en récolter tous les honneurs! Un vrai héros! Il a même écrit ses mémoires et donné de l’inspiration à Balzac, Victor Hugo, des séries télévisées, des films dont celui de décembre 2018. Quand on pense que certains font plein d’efforts pour être célèbre, eh bien pour Vidocq cela a été plus simple!

J’ai même mis sa signature dans mon ouvrage « La Signature ou l’intimité dévoilée ». Alors dévoilons Vidocq avec sa signature.

VIDOCQ007

En graphologie, la ligne sur laquelle on écrit représente la vie dans laquelle on prend place. Sous la ligne, c’est le plan symbolique des instincts, du secret, de la matière. Dans cette signature à deux niveaux, on remarque la partie visible, le nom et en dessous, le domaine caché qui occupe une place beaucoup plus importante. Avant de louer ses services à la police parisienne Vidocq a bourlingué dans des trafics de toutes sortes. La signature plus développée dans la zone souterraine nous indique bien où va sa préférence, certainement pas dans la clarté mais plutôt dans les jeux occultes de pouvoir et d’influence.

La signature est descendante ce qui signale soit le découragement, soit la dépression ou l’acharnement:

Le découragement?  Ici n’y pensons pas! La pression du trait est puissante jusqu’au bout, à l’image de quelqu’un qui ne lâche rien.

 La dépression? Pas le cas non plus avec ce superbe panache dans le « V » et la finale en aiguillon acéré dans le dessin du dessous. Dans un langage familier, on dira qu’il sait « rebondir ».  D’ailleurs il a même inventé un papier infalsifiable, lui qui avait été arrêté pour falsification de document! Et de surcroit il a cherché à faire fortune en créant des serrures incrochetables!

 L’acharnement? pour sûr! L’énergie de la pression est même plus forte à la fin qu’au début (voir l’épaisseur de la lettre « q »). Autrement dit plus il avance, plus il insiste sans jamais rien lâcher.

Tiens, au fait! Je me pose une question sur la petite dame qu’il a cherché à embaucher et dont il décrit toutes les qualités requises dans cette lettre. Retraité de la police, il veut la « perle rare » à qui il promet plein de choses et même un habit de deuil si elle reste auprès de lui jusqu’à sa mort. Il veut qu’elle soit attentive, propre, sage… Ah! Il a oublié de préciser si elle doit être…Honnête.

Et lui, est-ce qu’il aura envie de lui payer ses gages?

Vidocq lettre signée2

Dans cette lettre, où le tonus est encore bien présent ainsi que l’autorité (barres de « t » couvrantes et écrasements de plume), on note que les lettres « p » et « s » qui sont en relation symbolique avec l’argent sont alourdies de coquilles et de fermetures comme des petits sacs (« p » de « Plus une  chambre » ligne 2, le « p » de « Pardonnez » dernier paragraphe) donc son argent est bien gardé. Pas sûr qu’il ait tellement envie de lâcher ses sous… Les lettres « s » sont aussi magnifiées et alourdies de crochets qui signalent de l’avidité (« s » de « somme » ligne 3, « semble » ligne 5).

Vidocq termine sa lettre « Pardonnez moi de vous déranger, L’évangile dit frappez on vous ouvrira, demandez on vous donnera ». Ça alors! Il nous étonne Monsieur Vidocq! Aurait-il fait amende honorable? Voyons, regardons la signature. Ah, avec toutes les belles boucles qui entortillent la vérité, nous avons la réponse!

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue, consultations, cours.

site

  • Auteur de « La signature ou l’intimité dévoilée » Guy Trédaniel Editeur
  • « Interpréter les lettres et les chiffres dans l’écriture ». Editions Exergue
  • « Ce que révèlent vos gribouillis ». Courrier du Livre
  • « Comprenez votre enfant par ses dessins » Editions Sand
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Trump – Kim Jong Un : signatures

L’écriture de chacun est unique et révélatrice d’une personnalité, elle répond à des critères d’apprentissage. Puis très vite, au cours de l’enfance et de l’adolescence, elle se personnalise. Tant mieux pour le graphologue! C’est à travers cette personnalisation qu’il peut déceler tous les registres de la personnalité.

Quant à la signature, celle-ci est encore plus caractéristique car elle est libre. On signe comme on le veut. Un trait, une forme, un dessin! Et voilà donc un condensé du tempérament qui révèle une identité.

Après une interview pour BFMTV, je vous invite à parcourir l’article de cette revue en ligne avec les deux signatures face à face: Donald Trump et Kim Jong Un.

signature trump kim jong un

Bonne lecture.

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue, consultations, cours.

Auteure de : la signature ou l’intimité dévoilée. Guy Trédaniel Editeur.

Les signatures

Signer est un acte simple aujourd’hui. C’est un geste qui authentifie notre accord. La signature a valeur juridique. C’est un engagement. C’est un acte courant. Pourtant le tracé de notre signature, procède d’un long cheminement au fil de l’histoire.

En France ce n’est qu’au 16ème siècle sous le règne d’Henry II qu’une ordonnance rend la signature obligatoire pour les actes privés. A cette époque, tout le monde ne savait pas écrire. Les illettrés traçaient une croix devant témoins ou pouvaient apposer un sceau ou un dessin parfois corporatif, par exemple un marteau pour un tailleur de pierre, un violon pour le musicien…

Rappelons qu’avant le 16ème siècle, l’identité se faisait par une caractéristique personnelle (lieu, métier, aspect physique) ajoutée au prénom par exemple Jean Sans Peur, Legros, Lefol, Tisserand. Certains noms (en fait des surnoms) désignaient l’étranger comme Lescot (l’écossais) ou Langlois (l’anglais). Parfois ces noms avaient pour origine  des jurons: Depardieu par exemple.

Les surnoms ont donc proliféré et le « nom » tel qu’on le conçoit aujourd’hui n’était pas héréditaire. L’hérédité du surnom remonte au 11ème siècle, et encore! Ce n’était pas systématique.

Quant à la période de la Révolution Française, on pouvait même changer de nom et de prénom comme on le souhaitait! Il était stipulé que « chaque citoyen a la faculté de se nommer comme il lui plaît, en se conformant aux modalités prescrites par la loi ». Cela n’a pas duré longtemps car cela faisait un peu désordre.

Comme quoi signer n’est sûrement pas anodin car c’est un long cheminement qui se situe aux confins de l’histoire et du droit. Lorsqu’on trace une signature, on libère un geste qui vient du plus profond de soi et qui est un engagement social. C’est l’union du personnel et du collectif.

Comment signait-on dans le passé?

Là encore c’est tout un parcours. Les rois Mérovingiens signaient avec des dessins pleins d’arabesques. Au-delà de l’aspect esthétique, les paraphes très étudiés en forme de ruche, comportaient une complexité incroyable, avec des formes cryptées, des rébus, des clefs, des treillis qui en principe devaient décourager les faussaires. Vous pensez bien que signer d’une croix, c’était facile à imiter! Il semble même que certains rois n’écrivant pas se contentaient de tracer un point au milieu du dessin. Signer a été un vrai rituel.

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Signature du roi mérovingien CHILPERIC II (roi de 715 -721)

Aujourd’hui la signature éminemment personnelle est unique. Elle révèle un tempérament, une personnalité. Je sens que je vais vous donner quelques exemples bientôt, dans un prochain billet.

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue. Cours et consultations.

Auteur de « La signature ou l’intimité dévoilée » Guy Trédaniel Editeur