Le dopage, décelé par l’écriture ?

Lorsqu’on écrit, la main appuie sur le stylo. Le trait qui en résulte nous renseigne. Il est, entre autres, révélateur de l’énergie. Il traduit la force vitale. D’ailleurs au fil de l’âge, pour un même scripteur, il se modifie. Son analyse est délicate et l’appui du stylo sur la page donne un bon nombre d’informations.

Très appuyé ou très léger…il ne s’agit pas d’un même tempérament ! Là où les choses se compliquent (et deviennent encore plus intéressantes), c’est lorsque nous avons dans une même écriture, la présence de paradoxes. Forcément, cela amène le graphologue à creuser un peu plus loin. C’est le cas pour l’écriture de Ben Johnson, sportif de haut niveau.

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Ben Johnson, sprinter du 100 mètres, champion du monde en 1987, marque un  nouveau record en battant Carl Lewis avec 9,83 secondes. L’année suivante, il gagne la finale du 100 mètres aux jeux Olympiques de Séoul.

A cette époque, le journal « L’équipe » me confie son écriture pour une interview. L’idée était bien sûr de révéler des éléments plutôt sympathiques de sa personnalité.

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Cette écriture de très grande taille, avec des gonflements disproportionnés (le « B ») exprime une bonne dose de confiance et disons-le carrément de la vantardise ou formulé gentiment : un orgueil démesuré qu’il met au service de la réussite. 

L’écriture est rapide, tournée vers la droite avec des grands mouvements vers le bas (le « j » de Johnson, et même les lettres « l » comme « lecteurs »). Ceci est la marque d’un besoin vital de vivre pleinement le corps, de renouveler ses défis. Son écriture révèle une mentalité perfectionniste, une attitude unidirectionnelle, quelqu’un qui ne se laisse  pas détourner de ses objectifs.

Mais regardez-bien ! Des tremblements sont présents dans l’écriture ( cela ne saute pas aux yeux immédiatement). Le « 1 » de 1988 a une petite secousse qui trace un petit décrochage à sa base. Ceci est un mouvement involontaire non contrôlable par le conscient.

Le « x » de «aux  lecteurs »est légèrement tremblotant dans sa descente. Le « l » de « L’équipe » est abîmé aussi dans la qualité du trait. Voilà pour ce qui est le plus visible. Ce qui frappe ici, c’est le contraste entre l’énergie fantastique du graphisme et ces failles. C’est la marque incontestable d’un problème nerveux.

Est-ce que cela veut dire que le scripteur se dope ? Sûrement pas ! On ne peut pas l’affirmer à coup sûr. Toutefois, c’est une anomalie dans cette écriture tellement dynamique au trait puissant par ailleurs !

A l’époque, donc en 1988, j’ai précisé dans cet article de L’équipe, « une fragilité nerveuse » même si cela risquait de déplaire un peu ! Ceci n’atténuait en rien le charisme du personnage.

De toute façon,  le graphologue ne porte jamais aucun jugement. Il observe et essaie de comprendre.

Que veulent dire les tremblements dans une écriture ?

 Certains tremblements peuvent être dus à la sénilité ou  à un problème de santé. En tout cas, il est vrai que l’abus de neuroleptiques ou de dopants, affectent l’écriture. Mais de là à affirmer à coup sûr tremblement égale drogue, surtout pas ! Ceux que nous venons d’observer peuvent aussi survenir en cas de stress important et soutenu.

Si après quelques nuits blanches vous vous abreuvez de quelques litres de café, parions que votre écriture présentera quelques tremblements !

De retour à Séoul, Ben Johnson qui ne fait pas dans l’humilité affirme « quand j’ai réalisé ce chrono en 1988, personne ne m’aurait battu, pas même la génération actuelle » Je pense qu’il doit encore faire des très gros « B » bien gonflés. A son honneur, il se sert de sa notoriété pour lutter contre le dopage.

www.sport24.com/athletisme/actualites/ben-johnson-remonte-le-temps-654576

Sylvie Chermet-Carroy

Cours et consultation

Site : http://chermetcarroy.free.fr/

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