Tout sauf un sapin !

Elena1 35 ans

Dans  le test du dessin d’arbre la consigne est bien précise : « dessinez un arbre, sauf un sapin ».

En fait, j’accompagne parfois l’étude graphologique de ce test car tout simplement, il est riche en tant que révélateur de la personnalité. On y décèle également des talents professionnels. Il a été utilisé pendant longtemps dans le cadre du recrutement mais également en psychiatrie. Pour ma part, je le considère comme un atout formidable dans l’orientation professionnelle.

Combien de fois ai-je vu de grands yeux étonnés en précisant « sauf un sapin » !

Je vois bien qu’un petit discours intérieur se met rapidement en marche : « d’abord on nous fait dessiner ! En plus on ne peut même pas faire ce qu’on veut ! ».

En réalité, on est amené à dessiner plusieurs arbres (ce que je ne dis pas au début). Je me souviens d’une femme qui arrivée au troisième arbre « l’arbre de rêve » avec la consigne : « Dessinez un arbre imaginaire, comme vous le souhaitez, un arbre de rêve qui n’existe pas forcément dans la réalité » se tourne vers moi d’un air réjoui .  Avec un regard malicieux, elle me lance « et là je peux faire un sapin ? ».

« Oui, si c’est votre arbre imaginaire, faites comme vous le sentez ». Finalement elle n’a pas fait un sapin  mais un arbre avec une superbe envergure et des formes très riches.

La représentation du sapin est assez stéréotypée. Ainsi les qualités du dessinateur sont un peu « enfermées » et les aiguilles éventuelles sont comparables à un système de défense. Voilà pourquoi en principe pour le premier arbre on évite ce schéma. Ceci dit, si vous me dites « moi je veux absolument dessiner un sapin » faites donc, mais cela va s’analyser, vous pouvez être sûr.

Pourquoi le dessin d’arbre ?

Dans l’histoire, dans la littérature, dans la philosophie, l’arbre a été associé à l’image de l’homme, à la sagesse, à la connaissance. L’arbre de la Génèse, l’arbre de la justice rendue par Saint-Louis,  les révélations qui lui sont associées (dans le chamanisme notamment),  sa verticalité, sa croissance, le rythme des saisons qui rappelle les « saisons de la vie ». L’arbre est un symbole profond, archaïque et universel. L’inconscient de l’homme attribue à l’arbre une image de lui-même. En dessinant un arbre, l’homme se projette. Son dessin montre le rapport au concret avec le tronc, le mental avec la partie supérieure et le feuillage, la communication avec l’étalement de l’arbre, la façon de s’octroyer une place comme l’arbre le fait dans la forêt parmi les autres arbres.

arbre test

dessin extrait du cours par correspondance

Plus que cela, le dessin d’arbre montre comment la personne se situe actuellement, face à sa vie, face à ses projets. Son potentiel et ses richesses transparaissent dans le dessin d’arbre aussi simple soit-il. C’est tellement  parlant pour les adultes et les adolescents. Ce serait dommage de s’en priver !

Ensuite, il y a la confrontation avec soi-même : faire le point avec ce que dit notre arbre en quelque sorte. Accepter ses imperfections, tirer parti des qualités, décider de ce que l’on veut faire évoluer.

Sylvie Chermet-Carroy

Graphologue

Orientation professionnelle, recrutement

site sur la graphologie

site sur l’analyse du dessin d’enfant

Publicités

GEORGES BRAQUE : portrait revisité.

BRAQUE Le port 1909Le Port (1909)

Né en 1882 à Argenteuil, fils d’un peintre en Bâtiment, Georges Braque est considéré comme un des initiateurs du cubisme avec Picasso. Après une période d’explosion de la couleur, il travaille la forme, privilégie l’abstraction et choisit une palette de couleurs plus sobre. Il introduit des pochoirs et des collages. Grièvement blessé durant la première guerre mondiale , trépané, il cesse de peindre durant un temps avant de poursuivre ses recherches picturales et de donner libre cours à sa fécondité.

Dans le milieu artistique de son époque, sa personnalité a inspiré le respect mais pas toujours ! Les petites phrases sibyllines n’ont pas manqué. On l’a souvent décrit comme quelqu’un de distant, solitaire, flegmatique, n’exprimant pas tellement ses sentiments, bref un peu « ours ».  Il est vrai que comparé à Picasso dont l’ego ne manquait pas d’audace, Georges Braque a pu paraître effectivement effacé. Voyons un  peu ces qualificatifs qu’on lui a attribués !

Flegmatique, vraiment ?

BRAQUE lu et approuvé 1916Rien que sa signature, oblique,  bien appuyée, avec  son « G » majuscules puissant, nous traduit de l’élan, de la force vitale, de l’ambition. Et « lu et approuvé » est tracé dans un geste rapide, avec  des finales retenues mais fortes. Alors flegmatique ? Pas tant que cela !

Par contre effectivement les émotions sont contenues (les finales des mots maîtrisées). Georges Braque livre ses sentiments s’il le veut ! Toutefois, quelques finales bien envolées (« lu »  et le « e » de la signature) signalent des débordements et montrent que par moment, les émotions peuvent exploser. C’est peut-être pour cela qu’il disait « j’aime la règle qui corrige l’émotion », une façon d’après lui, de gérer le problème.

Finalement il est plus enthousiaste qu’il n’y paraît mais avec un réel souci de maîtrise. La passion l’a animé et pas uniquement pour la peinture. Il a aimé la musique et fut l’ami d’Erik Satie. C’était par ailleurs un passionné de voitures de sport . Il a même voulu courir les 24 Heures du Mans !

Timide et distant ?

L’écriture est simple, sobre, avec un bon équilibre entre l’élan vers autrui et la réserve. Il n’y a pas d’exagération ni  d’artifice. Cela veut dire que Georges Braque n’était pas un mondain, même s’il gravitait dans un milieu artistique parfois élitiste. L’écriture nous dit surtout qu’il aimait la simplicité et qu’il ne cherchait pas à se mettre en avant. Une personnalité modeste en somme.

BRAQUE Dédicace 1952La dédicace à Blaise et Raymone Cendrars, écrite à 70 ans, est  tracée avec  plus de rondeur et des arrêts au milieu des lettres (le « u », les « m »).  L’affectif est bien présent et rayonnant. Et malgré la lenteur, on voit un dynamisme fabuleux dans les traits qui sortent de la palette. A cette période la personnalité à donné plus de place à l’expression du sentiment et aux transports irrésistibles de la créativité. « Je n’ai plus besoin de soleil, je porte ma lumière en moi » dit-il un jour à  l’écrivain Pauhlan.

BRAQUE le port de La CiotatLe Port de La Ciotat (1906)

 Sylvie Chermet-Carroy

http://chermetcarroy.free.fr/